: bibliothèque anglophone

La bibliothèque anglophone internationale pouvant être compilée autour du trinôme « biorégions, biorégionalistes, biorégionalismes » serait considérable. En développement constant depuis près de cinquante ans, elle devrait aujourd’hui abriter des centaines voire des milliers d’articles en tout genre à l’international, sans même parler des innombrables travaux universitaires, conférences et autres journaux militants. Pour cette raison au moins, la présente page a fait le choix de se concentrer sur une présentation des quelques dizaines d’ouvrages majeurs qui ont traités explicitement de ce trinôme depuis les années 1970 – qu’ils soient monographiques ou collectifs, universitaires ou grand public -, avec, pour chacun, une brève présentation commentée et d’informations techniques complètes. Une page en constante évolution et en construction progressive vue l’ampleur de la tâche. Pour l’heure, la meilleure ressourcerie anglophone reste encore et toujours le site internet de la mythique Planet Drum Foundation, toujours animé par Judy Goldhaft : https://www.planetdrum.org

1978 * Reinhabiting a Separate Country. A Bioregional Anthology of Northern California

Peter Berg (éd.), Planet Drum Foundation, 1978. 220 pages. Toujours en vente sur le site de l’éditeur.

Historiquement le premier ouvrage collectif autour de l’idée biorégionaliste, édité par l’association militante Planet Drum Foundation (P. Berg / J. Goldhaft) et sous la direction de Peter Berg. Un travail dans lequel on retrouve republié l’article fondateur « Réhabiter la Californie » (Berg/Dasmann) – quoique dans une version un peu différente de celle parue précédemment dans The Ecologist en 1977. A ses côtés, une foule d’essais, poèmes, manifestes, contes, reportages et entretiens bariolés construisent un ouvrage résolument décalé et polyphonique à la fois – et en cela au moins, témoin précieux de la diversité et de la vitalité des diverses vues biorégionalistes de cette décennie fondatrice. Les illustrations, très nombreuses et variées elles aussi – du dessin à la photo en passant par la cartographie ou encore la calligraphie -, sont un des points marquants de l’ouvrage. On y voit passer des enfants qui jardinent, des communautés réhabitantes, des monnaies locales, de la marijuana, des bassins versants qui tiennent dans la main et des acteurs occupé à pratiquer le « théâtre réhabitant » en pleine nature. Définitivement l’ouvrage de référence pour qui s’intéresse au mouvement biorégionaliste originel, dans toutes ses composantes sociales, écologiques, politiques, mais aussi mystiques, imaginaires et artistiques. Tout cela étant écrit, le plus explicite reste peut-être de présenter la table des matières dans son intégralité :

Senses of PlaceCette première partie comprend une sélection d’articles généraux, cartes, « oral histories », pour aider à décrire la biorégion Shasta, sa faune, flore, géologie, etc. :

Bessie Tripp (oral history) 7 / Routes (J. Dodge) 11 / I Am Looking at a Picture of Home (R. Dasmann) 29 / Map of the Northern California Bioregion (A. Okamura) 30 / Collision Terracy (R. Curry) 34 / Fred Coyote (oral history) 38 / A View of Northern California from Mt. Tamalpais 43 / The Crystal in Tamalpais (J. Kyger) 49

Upstream : the MountainsLa section s’ouvre avec une sorte de journal tenu dans la Sierra en 1976. Suit un deuxième article, « portrait d’une communauté locale », comprenant des témoignages qui vont du XIXème siècle aux années 1970. On retrouve également des retranscription de prières pour la plantation, articles de journaux et dessins des premiers pionniers jusqu’aux néo-ruraux contemporains :

Me, Muir, and Sierra Nevada (A. Saijo) 53 / « Even Before I Came to the Mountains » (J. Koller) 60 / FINDING THE BONES (portrait of a community) (D. Pendell & S. Sanfields) 63

River and DeltaDurant cette troisième petite partie, on passe de la poésie à des textes descriptifs plus géographiques : 

Notes Toward the River itself (L. Ulewiecz) 101 / Moving Through the Delta (J. Berg & V. Stockley) 110 / Joe Kim (oral history) 116

Downstream : the CityDans cette section, sont interrogés l’histoire et les mouvements de population, l’économie, la situation climatique, la faune, les innovations énergétiques ou encore l’agriculture urbaine  :

Living Here and Watershed Guide (Frisco Bay Mussel Group) 124 / Children’s Gardens (V. Pollock) 134 / the farm: Celery in the Culvert (B. Sherk & J. Wickert) 137

Some Values and ExchangesCette partie est consacrée à l’économie telle qu’elle est et à telle qu’elle devrait être si on adoptait un point de vue biorégional :

Headwaters (A. Downing & J. Brown) 142 / Charlie Thom (oral history) 148 / The Dodge Brothers Interview Grandma (N. Cassl & Jim and Bob Dodge) 152 / Tusk Shell, Gold Dollar, Pulp Note & Weed: Four Principles of Economy in the Six Rivers / Humboldt Bay Region (Dr. Loon) 157

Growing InCette ultime section décrit d’abord le « reinhabitatory theater » au moyen d’un article de Berg sur la prise de conscience du lieu où l’on vit via le spectacle (par exemple, en mettant en scène des « histoires du coyote »). Suit un recueil de chansons sur différents éléments naturels (noisettes, eau, oignons etc.), puis un article sur la fiction, signé par Ernest Callenbach (l’auteur du célèbre roman de 1975 Ecotopia) et enfin un texte sur le Pacific Slope Trail, un GR – pour le dire dans des termes français – qui permet de découvrir en randonnée la biorégion.

Reinhabitory Theater (P. Berg) 186 / Lizard and Coyote (An Episode from the Reinhabitory Theater’s Northern California Stories 192 / Earth, Air, Fire, Water, Man: Sacramento River Watershed Region North Central Valley, Alta California (B. Powell) 195 / Alta California Emerges in Fiction: From Storm to Ecotopia (E. Callenbach) 206 / Pacific Slope Trail; Steps Toward the Discovery of California (R. Gustaitis) 210

AfterwordEn conclusion enfin, la republication – sous une forme légèrement différente – de l’article fondateur de Berg et Dasmann, initialement paru dans The Ecologist l’année précédente :

Reinhabiting California (P. Berg & R. Dasmann) 217

(M.R.) + (P.S.)

1980 * Devolutionary Notes

Michael Zwerin, Planet Drum Foundation, 1980. 63 pages.

Devolutionary Notes est le second livre édité par la Planet Drum Foundation en janvier 1980. Dans sa préface à l’ouvrage, Peter Berg précise bien le caractère « journalistique » revendiqué par Zwerin au sujet de ce travail sur les « provincial condition » toujours vivantes derrière les centralités de la culture de masse (p.4). L’ouvrage enquête en effet sur les mouvements séparatistes européens de la fin des années 1970 de façon assez libre, observant et commentant ces volontés décentralisatrices. Plusieurs conclusions en ressortent, comme par exemple, leur grande convergence de propos par delà leurs différences politiques – voire, l’obsolescence des catégories politiques usuelles telles que « droite » et « gauche » pour analyser ces mouvements -. Ou encore, ce fait que tous ces mouvements, qu’ils se revendiquent « autonomists, devolutionists, separatists, nationists » (p.24) ou autres encore, ne cherchent pas à prendre le pouvoir politique, mais à le détruire. Au delà de ses singularités et faiblesses, ce petit ouvrage est un témoignage historique rare, une tentative précieuse d’interrogation des points communs entre, notamment, les luttes Samis de Finlande, les résistances paysannes du Larzac, les combats portés par des tribus amérindiennes de Pit River, les revendications québécoises, bretonnes ou basques, ou encore les singularités du Pays de Galle au sein du Royaume-Uni. Pour Zwerin, toutes ces communautés se battent contre la même chose : « Occupation!« (p.14). Un propos qui, s’il n’est certes pas tout à fait biorégionaliste, est toutefois édité, préfacé et illustré par la Planet Drum Foundation, qui continue d’ailleurs, aujourd’hui encore, de proposer le livre à la vente sur son site internet. Cela peut-être, car, pour citer à nouveau Peter Berg préfaçant l’ouvrage : « Dans les pays européens les plus avancés, les bretons, les basques, les gallois, les samis et d’autres encore résistent au nom d’une vision du futur capable de sauver leurs cultures et leurs régions. Leur combat ne rejoint-il pas le nôtre? » (p.5). (M.R.)

1981 * Bioregions (CoEvolution Quarterly)

Peter Berg, Stéphanie Mills (éds.), CoEvolution Quarterly, Whole Earth Catalog, 1981, 144 pages.

Le premier numéro entièrement consacré à l’idée de « biorégions » dans une revue de renommée nationale, voire internationale (le « CoEvolution Quarterly » est publié par Steward Brand et la véritable institution du Whole Earth Catalog). Joyeux fourre-tout composé entre sérieux et humour, richement illustré, le numéro s’ouvre notamment sur l’historique quizz biorégionaliste Where You At ? de Leonard Charles, Jim Dodge, Lynn Milliman et Victoria Stockley et sur l’article Living by Life. Some Bioregional Theory and Practice de Jim Dodge, deux travaux maintes fois cités et republiés depuis lors (et ce bien que l’article de Dodge s’ouvre par ces lignes : « Je voudrais tout d’abord dire clairement à quel point point je ne suis pas sûr de bien savoir ce qu’est le biorégionalisme » !). Parmi d’autres pépites, on trouve aussi une contribution de Gary Snyder (« Ink and Charcoal ») et un article de Murray Bookchin (« The concept of social ecology » – extrait retravaillé par Berg de The Ecology of Freedom alors encore sous presses). Peter Berg signe aussi un article, intitulé pour sa part « Devolving Beyong Global Monoculture », qui reprend quelques-uns des sujets initiés précédemment par Michael Zwerin dans son Devolutionary Notes sur les minorités culturelles européennes et les mouvements séparatistes. Ainsi retrouvera-t-on au milieu de cet ouvrage très nord-américains, aux accents autonomistes voire survivalistes, quelques drapeaux catalans et basques, un graphique présentant « Une alternative énergétique pour la Bretagne » (en français dans le texte), ou encore des photos prises par Judy Goldhaft sur une performance localo-médiévaliste au Pays de Galles. Un bel ensemble de contributions poursuivent en faisant la part belle au dialogue entre les peuples, composant un ouvrage très multiculturaliste, enquêtant à la fois sur les conditions africaines, européennes, américaines, amérindiennes, nordiques ou encore asiatiques. Disons ainsi pour conclure à quel point la couverture de ce très ensemble est bien choisie : une carte des frontières géopolitiques classiques déchirée par des individus de toute origine et de toutes générations pour ouvrir le regard sur le non-humain, tant géographique que végétal et animal… Plus encore qu’une magnifique synthèse de l’ouvrage, c’est toute l’essence à la fois écocentrée et multicuturaliste du biorégionalisme qui y est résumée. (M.R.)

1982 * Toward a Bioregional Model. Clearing Ground for Watershed Planning

George Tukel, Planet Drum Foundation, 1982, 21 pages.

Devoir résumer un propos si entrelacé et pleinement aux prises avec la complexité, quelle difficulté ! Et pourtant, l’ouvrage de George Tukel, publié par la Planet Drum Foundation en 1982 est un opuscule : vingt pages à peine – dont 5 pages d’illustrations (des dessins sépia, pleine page, illustrations conceptuelles plus ou moins proches du propos développé). Vers un modèle biorégional se déploie en trois chapitres : « A Map Is Not A Blueprint », « Support For Adaptative Tactics » et « Planning For Necessity And Flexibility », qui sont autant de variations sur la problématique initiale – implicite – des conditions de possibilités d’un bioregional planning. Les échanges intellectuels s’y multiplient entre architecture et bassins-versants, communautés réhabitantes et formes de vies non-humaines, entre capacité de charge des milieux et techniques de transformation de la matière, entre systèmes de production énergétiques et nécessité de flexibilité pour les établissements humains… Un petit ouvrage devenu indisponible dans sa version originale, qui reste définitivement à traduire en français pour alimenter les débats, notamment, entre biorégionalisme et architecture. (M.R.)

1984 * Bioshelters, Ocean Arks, City Faming : Ecology as the Basis of Design

Nancy Jack Todd, John Todd, Sierra Club Books, 1984.

Nancy Jack (écrivaine et militante écologiste), et John Todd (biologiste de renommée internationale) signent ici un ouvrage assez précurseur, qui se propose de refonder le design sur la base de préceptes écologiques, quoique d’une façon singulièrement différente d’un Victor Papanek. Le « design biologique » (biological design) que développent les Todd s’articule notamment autour de 9 principes, dont, pour ce qui nous concerne plus particulièrement, l’idée que « le design doit refléter la biorégionalité » (Precept n°4 – p.44). Quoique quasiment aucune mention ne soit faite d’un penseur ou d’une théorie biorégionaliste les ayant précédé – l’ouvrage utilisant, en quelque sorte, « spontanément » le concept -, il est indéniable que cette idéologie teinte bien l’ouvrage dans son entièreté, comme en témoigne remarquablement l’index de fin d’ouvrage : « Bioregion, 9, 26, 28, 44, 45, 47-50, 53-54, 95, 96, 14ç, 150, 152, 166, 167 ». On y retrouvera aussi, parmi une foule d’autres propositions écrites ou dessinés, quelques propositions d’agriculture urbaine, écocultures de toitures et autres serres habités – dans la veine de ce qu’avait déjà pu développer l’Institut for Social Ecology depuis quelques années. (M.R.)

1985 * Dwellers in the Land. The Bioregional Vision

Kirkpatrick Sale, Sierra Club Books, 1985.

« Théorie générale » du biorégionalisme de la première heure, le livre s’est rapidement imposé et reste, aujourd’hui encore, un texte de référence pour le mouvement (…).Il faut relire aujourd’hui la singulière recension de l’ouvrage publiée par Michael Helm dans la revue biorégionaliste de la Planet Drum – ici retraduite en intégralité pour l’occasion – :« Ouah ! Ce que Kirk Sale a fait avec ce livre, c’est prendre l’idée du biorégionalisme, lui aplanir la mèche rebelle et l’endimancher de ses plus beaux habits latins pour la rendre intellectuellement respectable. On parle ici de Culture, les gars, avec un C majuscule – comme ça se fait dans les meilleurs travaux de la civilisation occidentale depuis les temps mycéniens. Il paraît qu’ils avaient une déesse nommée Gaia (« Jiya »/« Gaya » ?) à qui on devait le respect. En clair, Dwellers in the land est un livre installé à l’Académie par un de ses membres dissidents. S’il est de temps à autre un peu lourd et solennel (Seigneur Zeus, est-ce que je peux sortir pour aller jouer maintenant ? J’en ai ma claque de tous ces hommages intellectuels), le livre de Sale permettra sans doute de légitimer l’idée biorégionale aux yeux de ceux qui se lamenteraient sur la disparition, ces deux derniers millénaires, de la démocratie façon Cité-État grecque. K. Sale défend, de façon assez convaincante, que le biorégionalisme est la seule idée contemporaine dont on puisse faire quelque chose pour restaurer les vertus civiques de la vie grecque ou leurs équivalents tardifs chez Jefferson. Il fait aussi de belles trouvailles sur l’univers industrialo-scientifique et sur son incessant désir de dominer la Nature plutôt que de vivre en son sein. Mais je ne crois pas qu’il soit le livre que nous attendions, nous, les biorégionalistes crasseux, tout transpirants à la déchèterie avec nos genoux encore plein de compost. Alors que l’ouvrage mérite sa place à la bibliothèque publique locale, il est en quelque sorte dépourvu de l’esprit kinesthésique qui anime la communauté biorégionale en développement. Ce dont nous avons besoin, ce sont d’histoires capables de mettre en mouvement et d’accroître nos identités multi-spécistes, qui raconte ce à quoi nous devons faire face quotidiennement, qui ajoutent au rêve et au mystère. La confusion, avec l’ouvrage de Sale, est que le livre est finalement trop humaniste pour être encore excitant. » (Raise the Stakes, n°11) Cette recension transcrit bien l’amusement et le dégoût avec lequel les éco-anarchistes de l’association militante ont accueilli les nombreuses références, l’aspect intellectuel très construit et le respect des codes académiques de l’ouvrage de Sale. »» Extrait de la préface de la version française de Dwellers in the Land, « L’art d’habiter la Terre » (Wildproject 2020) (M.R.)

1988 * The Dream of the Earth

Thomas Berry, Sierra Club Books, 1988.

The dream of the Earth de Thomas Berry, paru à la fin des années 1980, résume assez bien l’esprit de la décennie que viennent de traverser les biorégionalistes : aux efforts de théorisation du mouvement s’ajoutent sa diffusion rapide à l’échelle du pays, puis du continent, et son décloisonnement vers de nouveaux horizons. La sphère religieuse ne fait pas exception de cette ouverture : en témoigne l’adoption d’une démarche biorégionaliste par les chrétiens radicaux de Realistic Living au Texas dès 1985. Berry propose dans cet ouvrage un cadre de pensée qui concilie Deep Ecology, spiritualité et science conventionnelle. Se définissant lui-même comme « géologien » ou « éco-théologien », il se donne pour but principal de souligner l’importance du bien-être de la planète comme mesure de toute activité humaine. Berry identifie six fonctions principales que régissent une vie en accord avec les principes biorégionalistes, dont il se déclare partisan :

self propagation, chaque espèce ayant droit à son habitat, à ses routes migratoires, à sa place dans la communauté ;

self-nourishment, prônant un équilibre avec le milieu afin que les ressources soient équitablement partagées ;

self-education en accord avec le paradigme interdisciplinaire déjà exprimé par Kirckpatrick Sale en 1985 ;

self-governance, toujours selon les principes défendus par le mouvement depuis les années 1970 ;

self-healing, signifiant que chaque partie de la communauté – au sens large – possède une énergie interdépendante des autres ainsi qu’un pouvoir de régénération : soit, pour le dire brièvement, l’idée que « l’être humain entretient son milieu et le milieu entretient l’être humain » ;

self-fulfilling, moins au sens de Robert King Merton qu’au sens de pleine réalisation, d’harmonie de élément du milieu qu’il faut célébrer par différents biais (liturgies, chants, arts visuels, etc). Cela concourt à l’établissement d’une identité culturelle de la biorégion.

Pour le dire avec Doug Aberley, « Berry, tout comme Sale, réaffirme [donc] l’idée que le biorégionalisme est connecté à une tradition philosophique beaucoup plus large et profonde que la [seule] contreculture » (Aberley in V.McGinnis, Bioregionalism, 1999, p.33), contribuant à étendre les bornes du mouvement « vers l’inclusion d’une définition à la fois sociale et spirituelle » (ibid., p.32). Le livre a été réédité en 2015 par les éditions Couterpoint (Berkeley) ; à l’heure où nous écrivons, il n’a toujours pas été traduit en français.

(P.S.)

1989 *
A Green City Program for the San Francisco Bay Area & Beyond.

Peter Berg, Beryl Magilavy, Seth Zuckerman, Planet Drum Foundation, Wingbow Press, 1989. 83 pages.

Premier ouvrage plus pleinement dédié à la question urbaine, ce « Green City Program » est un véritable succès, à en croire Judy Goldhaft racontant à Cheryll Glotfelty quelque années plus tard: « Ce livre est devenu une base incontournable de la formation au San Francisco Department of the Environment. Il a longtemps bénéficié d’une très forte demande et reste parfois encore utilisé aujourd’hui dans des cours universitaires. Mais après la deuxième réimpression, la Planet Drum a ré-édité le livre en version photocopiée seulement, principalement parce que la grande majorité des propositions avant-gardistes qui s’y trouvaient étaient déjà devenues des réalités à la fin des années 1990 ». (The Biosphere and The Bioregion, p.26). Le petit ouvrage, très didactique et simplement écrit, résulte de la tenue d’une rencontre (« Symposia on Urban Sustanability In The San Francisco Bay Area ») tenue en 1986 à SF. Il est rangé en neufs thématiques-chapitres, toutes construites de la même façon :
1. Comment les choses sont aujourd’hui
2. Qu’entendons-nous par « (thème du chapitre) » ?
3. En quoi les villes pourraient en bénéficier ?
4. Que peuvent faire les villes pour tendre vers cela ?
5. Visions à long terme pour l’action municipale
6. Thématiques liées
7. Fable
8. Dans une ville verte, jusqu’où tout cela pourrait-il aller ?
Les neuf thématiques sont les suivantes :
1. Urban Planting / 2. Smart Transportation / 3. Sustainable Planning / 4. Renewable Energy / 5. Neighhborhood Character and Empowerment / 6. Recycling and Reuse / 7. Celebrating Life-Place Vitality / 8. Urban Wild Habitat / 9. Socially Responsible Small Businesses and Cooperatives
Note finale aux spécialistes : il est noté en début d’ouvrage que sa publication a été rendue possible par le généreux soutient de « Earth First! Foundation, The Haight Ashbury Neighbordhood Council, Rex Foundation, The J.L. Skaggs & Mary C. Skaggs Foundation and The Members and Supporters of Planet Drum Foundation ». (M.R.)

1989 * Whatever happened to ecology ?

Stephanie Mills, Sierra Club Books, 1989, 253 pages.

Autobiographie d’une biorégionaliste de la première heure, Whatever happened to ecology raconte son enfance à Phoenix – cette ville dans laquelle « l’éthique était de dominer la nature » – (p.17) sa découverte des enjeux écologiques durant ses études, la création d’Earth First! et ses échanges avec Dave Foreman, sa participation à Friends of the Earth, sa rencontre avec Peter Berg, d’abord à l’époque des Diggers, puis avec Judy Goldhaft à l’époque de la Planet Drum Foundation, sa rencontre avec Steward Brand et la collaboration pour le CoEvolution Quarterly (tout cela expliquant bien la présence du numéro spécial Bioregions de 1981 dans la revue, sous la co-direction de l’auteure et de Peter Berg) (cf. p.140) ou encore, son expérience au North American Bioregional Congress de 1984. Un livre agréable à lire quoiqu’il demande une certaine connaissance des milieux écologistes américains de l’époque pour s’y retrouver dans – et trouver un sens à – la lecture de tous les noms propres cités, plutôt méconnus du public francophone de 2020. A noter aussi que l’ensemble est abondamment nourri de la toute meilleure littérature écoféministe d’alors (Starhawk, Carolyn Merchant, Judith Plant, etc.). (M.R.)

1990 * HOME! A bioregional Reader

Van Andruss, Christopher Plant, Judith Plant, Eleanor Wright (éds.), New Society Publishers, 1990, p.180.

Peut-être l’ouvrage le plus complet, le plus riche, le plus révélateur de la première vague biorégionaliste américaine, qui commencera à décliner à partir du début des années 1990. Si cet opus est pensé et composé dans la même veine que le premier ouvrage Reinhabiting a Separate Country, on lui reconnaitra un fond iconographique moins présent et original, voire déjà un peu daté même pour 1990. Son corps théorique est en revanche bien plus riche et solide que l’ouvrage de 1978 – sans doute fortifié par la vitalité des débats qui se sont étalés sur toutes les années 1980. Des traces plus explicites des relations entre biorégionalisme et écoféminisme ou municipalisme libertaire y sont aussi présentes, portées qui plus est par des acteurs et actrices de premiers plan de ces idées (Starhawk, Judith Plant, Murray Bookchin). De Doug Aberley à Gary Snyder en passant par l’incontournable Peter Berg, les textes des meilleurs connaisseurs du mouvement s’y trouvent. Un ouvrage particulièrement utile à qui voudrait y comprendre quelque chose, des néophytes aux experts anglophones. A toutes fins utiles, l’incroyable table des matières intégrale :

Foreword Stephanie Mills vii,

Growing Home : An Introduction Judith Plant ix

Part One : WHAT IS BIOREGIONALISM ?
Living by Life: Some Bioregional Theory & Practice (J. Dodge) 5 / More Than Just Saving What’s Left (P. Berg) 13 / Bioregional Perspectives (G. Snyder) 17 / Revaluing Home: Feminism & Bioregionalism 21 / In Pockets of Resistance: The Back-to-the-Land Movement Matures (C. Plant) 26 / Where You At ? A Bioregional Quiz 29

Part Two: LIVING IN PLACE
Reinhabiting California (P. Berg, R. Dasmann) 35 / Future Primitive (J. Gorsline, F. House) 39 / Living Here (The Frisco Bay Mussel Group) 42 / Speaking in the Haida Way (Gwaganad) 49 / The Hudson River Valley: A Bioregional Story (T. Berry) 53 / The Salmon Circle (F. Lang, A. Lang) 55

Part three: NATURE, CULTURE & COMMUNITY
Design Should Follow, Not Oppose, the Laws of Life (N.J. Todd, J. Todd) 61 / Totem Salmon (F. House) 65 / How Humans Adapt (K. Booth) 73 / Home Is Here (W. Pelletier, T. Poole) 75 / Searching for Common Ground: Ecofeminism & Bioregionalism (J. Plant) 79 / Community: Meeting Our Deepest Needs (H. Forsey) 83 / Bioregionalism/Western Culture/Women (M. Mueller) 87 / Earth Diet, Earth Culture (W. Koethke) 89 / The Council of All Beings (P. Fleming, J. Macy) 95

Part Four: REINHABITATION & RESTORATION
A Green City Program for San Francisco Bay Area Cities & Towns (P. Berg) 104 / To Learn the Things We Need to Know:Engaging the Particulars of the Planet’s Recovery (F. House) 111 / Taking Steps Toward a Restoration Ethic (J. Sayen) 121 / Fantasy of a Living Future (Starhawk) 126

Part Five: SELF-GOVERNEMENT

Devolutionary Notes (M. Zwerin) 133 / Growing a Life-Place Politics (P. Berg) 137 / Municipal Libertarianism (M. Bookchin) 145 / Spiritualism: The Highest Form of Political Consciousness (The Haudenosaunee) 147 / Strategies for an Alternative Nation (B. Mollison) 149 / LETS: The Local Exchange Trading System (M. Linton, T. Greco) 155 / Building a Bioregional, Sustainable Alternative (D. Aberley) 159 / Organizing a Bioregional Congress (D. Haenke) 161 / Consensus (C. Estes) 165 / Welcome Home! (North American Bioregional Congress) 170

RECOMMENDED READING, BIOREGIONAL DIRECTORY, BIOGRAPHIES
/ Van Andruss 171

Epigraph, Gary Lawless 181

(M.R.)

1990 * Turtle Talk. Voices for a sustainable future

Christopher & Judith Plant,, The New Catalyst éd., Bioregional Series, 1990, 133p.

Livre d’entretiens majeurs réalisé sous la codirection des fins connaisseurs Christopher & Judith Plant (co-éditeurs, la même année, du HOME! ci-dessus), Turtle Talks est une pièce historique éclairante et stimulante à la fois, de part la manière dont il fait dialoguer les auteurs centraux du mouvement biorégionaliste (G. Snyder, P. Berg, K. Sale, F. House) avec les grandes figures féministes américaines (Starhawk, Susan Griffin), le controversé Dave Foreman d’Earth First!, la porte-parole amérindienne Marie Wilson, ou encore le déjà très célèbre penseur de l’écologie sociale Murray Bookchin. Il est important de souligner toutefois que ces interlocuteurs et interlocutrices ne sont pas convoqués en tant que biorégionalistes, pas plus que les entretiens n’abordent systématiquement les questions de biorégions ou de biorégionalisme. En cela, non seulement il n’est pas du tout question avec cette édition d’une théorie unifiée du biorégionalisme, mais plutôt d’une multitude de dialogue variés, croisant points de vue et propositions théories et éthiques – dont le biorégionalisme, parmi d’autres. Les introductions des éditeurs, en revanche, proposent d’intéressantes mises en relation entre ces différents courants. Au sujet de l’écoféminisme, notamment et pur à titre d’exemple : « Peut-être parce que le mouvement biorégional est né avant tout au sein des communautés néo-rurales un peu rudes du retour-à-la-terre, il a été un peu lent à apprécier toute l’importance du féminisme. Ces dernières années, toutefois, le comité écoféministe du North American Bioregional Congress a constitué un des éléments les plus riches et les plus inspirants du mouvement – témoin de la sagesse véritablement révolutionnaire que le féminisme déploie pour reconstruire une société sur les bases du prendre soin et de la non-violence. » (p.50). On remarquera pour clore cette note que cet ouvrage inaugure la très intéressante collection The New Catalyst Bioregional Series qui publiera dans les années suivantes plusieurs ouvrages importants pour le développement théorique du mouvement biorégionaliste – dont notamment les deux suivants de la présente liste, sous la direction de Doug Aberley. (M.R.)

1992 * Global Biodiversity Strategy. Guidelines for Action to Save, Study, and Use Earth’s Biotic Wealth Sustainably and Equitably

World Resources Institute (WRI), The World Conservation Union (IUCN), United Nations Environment Program (UNEP), Food and Agriculture Organization (FAO), United Nations Education, Scientific and Cultural Organization (UNESCO), 1992

(à venir)En 1992 paraît ce rapport international, imposante étude cosignée par des organismes internationaux bien connus. Le rapport, largement et très explicitement appuyé sur l’idée biorégionaliste, en propose aussi une des définitions synthétique les plus claires et les plus efficaces qui soit, tout en replaçant la notion et son apparition dans une histoire institutionnelle des idées assez éclairante – en tissant notamment des liens avec le programme lancé en 1979 par l’UNESCO autour du concept de biosphere reserve, autant qu’en dialoguant avec les toutes premières initiatives de reconnaissance légale de la valeur intrinsèque des écosystèmes tels que l’Indonesia’s Basic Law on Conservation of Living Resources and their Ecosystems de 1990. (M.R.)

1993 * Boudaries of Home. Mapping for Local Empowerment

Doug Aberley (éd.), Philadelphie, New Society Publishers, The New Catalyst éd., Bioregional Series, 1993.

A la fois observateur et contributeur du mouvement biorégional nord-américain, Doug Aberley s’intéresse plus particulièrement, parmi la multiplicité des thématiques explorées par les mouvements biorégionalistes, à la question cartographique. Après un mémoire de Master à l’Université de Colombie Britannique intitulé « Bioregionalism: A Territorial Approach to Governance and Developpment of Northwest British Columbia » (soutenue en 1985, non publiée), Aberley publie successivement en 1993 et 1994 deux contributions à la littérature biorégionale : Boundaries of Home. Mapping for Local Empowerment, et Futures by Design: The practice of Ecological Planning, deux ouvrages collaboratifs alimentés par les travaux qu’il mène dans le cadre de sa thèse au sein du département SCARP (School of Community and Regional Planning) à l’Université de Colombie Britannique. Boundaries of Home cherche à faire voir pourquoi et comment la cartographie peut être un outil puissant pour réapprendre à habiter la Terre. L’ouvrage est organisé en deux parties. La première (chapitre 1 à 4) s’attache à présenter les intérêts multiples d’une cartographie « populaire », par opposition à une cartographie « de spécialistes ». Pour ce faire, Aberley rassemble, classe et commente un certain nombre d’exemples et de de contributions présentant des cas concrets d’ateliers de cartographie biorégionale réalisés dans différents pays anglo-saxons. La seconde partie (chapitre 5) consiste pour sa part en un exercice pas-à-pas de cartographie biorégionale, invitant et outillant, étape par étape, l’enquête sur nos propres « chez-nous ». Aberley propose ainsi une méthode de construction biorégionale de ce que serait notre « chez-nous », non comme un lieu circonscrit de frontières préétablies, mais comme une lecture plurielle et subtile des caractéristiques du lieu, mêlant enquêtes géographiques, historiques, économiques, culturelles, etc. De cet atlas à la fois commun et subjectif, pourra émerger des formes de gouvernances locales soigneuses de leur environnement – au sens de voisinage immédiat – : telle est l’hypothèse soutenue par Aberley et, de manière moins explicite, par les autres contributeurs de l’ouvrage. Car les investigations qu’il propose de mener ne s’arrêtent pas à la superficialité des informations locales les plus faciles à trouver : un tel intérêt consacré à son chez-soi, associé au degré aigu de connaissances locales induites par ce type d’exercice, doit pour l’auteur pouvoir constituer un levier vertueux pour une gouvernance attentive aux lieux, prenant en égale considération les capacités de support du sol que l’épanouissement personnel et collectif de ses habitants. A noter qu’au-delà de cette démonstration écrite, Aberley a mené un travail de fond auprès de communautés indigènes en Colombie Britanique (et environs) : preuve de l’intérêt de cette approche cartographique, un atlas biorégional du peuple Tseil-Waututh a été confectionné, publié et abondamment utilisé (présenté près de 40 fois entre 1997 et 1998) pour faire valoir un certain nombre de leurs droits auprès de l’Etat canadien. Exemple probant, qu’il nous incombe désormais de transposer localement.

Contenu de l’exercice cartographique (chapitre 5) :

1/ Frontières externes [fond de carte / limites politiques historiques / divisions politiques actuelles / bassins-versants / régions géographiques / climat / écorégions / paramètres supplémentaires : végétation, vie sauvage, profils de sols, géomorphologie / territoire indigène / usage contemporain des lieux / sites clés / limites vagues et flexibles / limites biorégionales]

2/ Territoire au sein de ces limites [localisation des stations météorologiques / données clés de ces stations / profil microclimatique de la biorégion / saisons de culture / apports solaires / cycles hydroliques / population / motif des établissements humains]

3/ Structuration économique de la biorégion [profil de l’industrie de pêche / profil de l’industrie minière / profil de l’industrie forestière / profil des exploitations agricoles]

4/ Cartographier ses environnements immédiats

Autres contributeurs des quatre premiers chapitres (par ordre d’apparition) : Doug Sheriff et Eleanor Wright, Kirkpatrick Sale, Freeman House, Gene Marshall, Seth Zuckerman, David McCloskey, George Tukel.

(C.G.)

1994 * Futures by design. The pratice of ecological planning

Doug Aberley (éd.), The New Catalyst éd., Bioregional Series, 1994.

(à venir) (C.G.)

1995 * In cold margins. Sustainable development in northern bioregions

J. M. Jamil Browson….

(à venir)

1996 * Balancing the Scales. Guidelines for Increasing Biodiversity’s Chances Through Bioregional Management

Kenton R. Miller, World Resources Institute, 1996, 83 p.

ouvrage disponible en ligne en libre accès à l’adresse : https://files.wri.org/s3fs-public/pdf/balancingthescales_bw.pdf

(recension à venir)

1999 * Bioregionalism

Michael Vincent Mc Ginnis, Routledge, 1999, 231 p.

Avec Bioregionalism le chercheur Michael Vincent Mc Ginnis ouvre une nouvelle page de l’histoire biorégionaliste, qu’on pourrait caractériser à la fois comme une période de ralentissement de la militance de terrain, mais aussi comme un moment d’accélération et de déploiement de l’étude méthodique, universitaire, de la théorie biorégionaliste. L’ouvrage collectif compile une somme remarquablement sourcée de réflexions profondes et complexes sur le concept de biorégion, l’idéologie biorégionaliste, la vision sociétale portée par les biorégionalistes et les rapports à la science qu’inclut l’idée de biorégion. Le sus-mentionné Doug Aberley, qui passe pour avoir rédigé le premier travail de recherche universitaire sur le mouvement biorégionaliste en 1985, y signe un article qui restera dans les mémoires. Intitulé « Interpreting bioregionalism. A story from many voices », le texte représente alors la synthèse historique la plus aboutie sur la naissance du mouvement biorégionaliste, de la fin des années 1960 au début des années 1990. Il reste aujourd’hui encore, une source inédite et incontournable sur le sujet. (M.R.)

2000 * Bioregional Planning. Resource Management Beyond the New Millennium

David J. Brunckhorst

(à venir)

2002 * Bioregional Solutions. For Living on One Planet

Pooran Desai, Sue Riddlestone

(à venir)

2003 * LifePlace. Bioregional Thought and Practice

Robert L. Thayer, J.R.,

(à venir)

2004 * Bioregionalism and Civil Society. Democratic Challenges to Corporate Globalism

Mike Carr….

(A venir)

2005 * Toward a Bioregional State. A series of Letters About Political Theory and Formal Institutionnal Design in the Era of Sustainability

Mark D. Whitaker….

(A venir)

2007 * Architectural Regionalism. Collected Writings on Place, Identity, Modernity and Tradition.

Vincent B. Canizaro (éd.), ……

(A venir)

2007 * Growth Cultures. The global bioeconomy and its bioregions

Philip Cooke,

(à venir)

2009 * Envisioning Sustainability

Peter Berg, Subculture Books, 2009.

Envisioning Sustainability, ouvrage introduit par Stéphanie Mills avec un avant-propos d’Ernest Callenbach, regroupe les principaux écrits de Peter Berg. Cette anthologie sonne, pour le lecteur contemporain, comme une sorte d’hommage avant l’heure au co-fondateur du biorégionalisme, ayant été publié deux ans seulement avant sa mort. Sont proposés plus de 25 manifestes, talks, tracts, articles (publiés aussi bien dans Raise The Stakes que dans différents livres et périodiques généralistes, scientifiques ou militants), parfois accompagnés de leur reproduction originale ou d’une image, chacun introduit par un bref texte de (ré-)contextualisation. L’anthologie se divise en cinq sections principales, dont les trois premières correspondent, à peu près, à la chronologie du mouvement : à un premier temps, « le temps des Diggers » (The Diggers – Digging Our Roots), succède la recherche de pistes pour aller « au delà de l’écologie » existante (Beyond Environnementalism – Breaking Through the Hard Top), puis le temps du « biorégionalisme » (Bioregionalism – Footholds), empruntant à son tour différents chemins à partir des années 1980. Deux autres parties complètent ainsi l’ouvrage, l’une dédiée aux « directions politiques » impulsées par le courant (y compris à l’international : Political Directions – On Planet Ground), l’autre au programme « ville verte » expérimenté pour la première fois à San Francisco au tournant des années 1990 et ailleurs depuis (Green City – Wild Corridors Through Concrete). Clôturent l’anthologie une « exortation », tirée d’une conférence de Berg à Washington DC en 1996, un « épilogue », le célèbre texte Welcome Home lu aux participants du premier congrès biorégionaliste nord-américain de 1984 et une postface reproduisant le manifeste Amble Towards Continent Congress, déclaration alternative d’indépendance à l’occasion du bicentenaire de 1776.

(P.S.)

2009 * A Green Deal for the Manchester-Mersey Bioregion

Mark Burton

(à venir)

2009 * Ecopolis: Architecture and cities for a changing climate

Paul F. Downton, Springer, 2009, 610p.

Paul F. Downtown, architecte australien, a passé sa vie à construire des projets écologiques (maisons, quartiers, éco-communautés,…) et offre ici un titre de référence qui rend compte d’une vie entière de pratique et de recherche. Profondément radical en cela qu’il mêle en permanence justice sociale et écologique, ce livre dense explore ce que pourrait être une ville écologique depuis plusieurs perspectives entrecroisées : historique, théorique, architecturale, urbanistique ou encore cartographique. Une Ecopolis, dans le sens où Paul F. Downtown l’entend, est un idéal de ville qui peut à la fois porter les transformations socio-écologiques tout en étant un refuge en ces temps de bouleversements écologiques massifs. Autour de l’idée de SHED (Sustainable Human Ecological Development —inspiré du terme anglais « watershed » signifiant bassin-versant), l’auteur propose plusieurs séries d’éléments permettant de mesurer les étapes successives de transformations socio-écologiques qui conduisent vers l’Ecopolis. Cette dernière apparaît dès lors comme le stade ultime de la ville écologique, celle qui en finit avec la destruction des milieux de vie — et dans lequel l’une des clés principales est de réancrer les communautés de vie dans les biorégions. 

Part I Propositions, Theory and Practice: People, Places and Philosophies 1. The Ground Plan / 2. An Epistemology for Urban Ecology / 3. Architecture, Urbanism and Ecological Perspectives / 4. Weavers of Theory / 5 The Aesthetics of Ecopolis / 6. Finding Fractals: Identifying Elements of the Ecocity / 7. Building Fractals: Ecopolis Projects in Australia

Part II Towards a Theoretical Synthesis: Rebuilding the Foundations 8. Synthesis I: City Ecology / 9 Synthesis II: EcoDevelopment / 10 Synthesis III: Education, Advocacy and Activism / 11. Synthesis IV: The SHED (Sustainable Human Ecological Development) / 12. Our Cities, Our Selves 

(M.S.)

2010* A Silent Joy: The Diaries of an Italian Hill Farm

Etain Addey,, Eyebright Books, 2010, 230 p.

(à venir)

2011 * Bioregionalism and Global Ethics. A Transactional Approach to Achieving Ecological Sustainability, Social Justice, and Human Well-being

Richard Evanoff,, Routledge, 2011.

(à venir)

2011 * Curriculum Studies Gone Wild. Bioregional Education and The Scholarship of Sustainability

Nathan Hensley….

(à venir)

2012 * The Bioregional Imagination. Literature, ecology, and place.

Tom Lynch, Cheryll Glotfelty, KarlaArmbruster (éds.),….

(à venir)

2013 * Catalog of Bioregional Primary Sources

Planet Drum Foundation….

(à venir)

2013 * The Bioregional Economy. Land, liberty and the pursuit of happiness

Molly Scott Cato,

(à venir)

2013 * Environmental Anthropology engaging Ecotopia. Bioregionalism, Permaculture and Ecovillages

Joshua Lockyer, James R. Veteto, (éd.)

(à venir)

2015 *
The Biosphere and the Bioregion. Essential Writings of Peter Berg

Cheryll Glotfelty, Eve Quesnel (éds.), Routledge, 2015.

L’ouvrage de référence sur la vie et la pensée du fondateur incontournable du biorégionalisme comme théorie, comme pratique et comme mouvement écologiste. Textes historiques, essais inédits, entretiens, contributions et hommages émus d’acteurs et actrices centrales du mouvement composent les pages de ce livre offrant sans doute l’histoire du biorégionalisme la plus centrale et la plus complète jamais publiée à ce jour. Un livre précieux, dans lequel les plus curieux retrouveront aussi quelques témoignages croustillants, dont celui de l’adolescente Starhawk rencontrant le « Digger » Peter Berg à San Francisco dès l’été 1967 ; celui de Gary Snyder se rappelant, amusé, qu’il rencontra Berg en 1969 et qu’il aima immédiatement son ton énergique et enjoué tout en remarquant « qu’il ressemblait physiquement à Lénine » ; celui de Kirkpatrick Sale rencontrant Berg au Premier Congrès Biorégionaliste du Missouri en 1984 et se disant impressionné par son charisme d’orateur ; ou encore celui de Giuseppe Moretti passant pour la première fois en 1991 la porte de la Planet Drum Foundation à San Francisco, lui qui était venu exprès d’Italie pour rencontrer celui qui deviendra son grand ami durant les décennies qui suivirent… (M.R.)

2016 *
From the Deep Well: The Diaries of Pratale Farm

Etain Addey, Eyebright Books, 2016, 280 p.

(à venir)

2016 * Watershed Discipleship. Reinhabiting Bioregional Faith and Practice

Ched Myers (éd.), ……

(A venir)

2017 * Cascadia beyond the bioregion… The Noocracy

Adam Brisbine ……

(A venir)

2018 * Technologies for Sustainable Urban Design and Bioregionalist Regeneration

Dora Francese……

(A venir)

2020 * Bioregional Planning and Design : Vol. I. Perspectives on a Transitional Century

David Fanfani, Alberto Mataràn Ruiz (éd.), Springer, août 2020.

(A venir)

2020 *
Bioregional Planning and Design : Vol. I. Issues and Practices for a Bioregional Regeneration

David Fanfani, Alberto Mataràn Ruiz (éd.), Springer, août 2020.

(à venir)

2020 *
The Life of the White Mare. Sobriety and Enchantment

Etain Addey, Eyebright Books, 2020, 320 p.

(à venir)


A sujet de ces brèves présentations d’ouvrages

Cette liste, partielle et partiale, est en constante augmentation. Tout comme ces comptes-rendus synthétiques, elle est réalisée pour le compte de personne, à l’adresse de toutes et tous, dans une simple optique de partage et de mise en accessibilité de ces savoirs.

Les comptes-rendus se concluent sur les initiales des rédacteurs et rédactrices, qui correspondent respectivement à :

(M.R.) – Mathias Rollot est Maître de conférences à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Nancy, membre du Laboratoire d’histoire d’architecture contemporaine (LHAC), auteur et traducteur. Il a notamment publié L’obsolescence (éd. Métispresses), Critique de l’habitabilité (éd. L&S) et Les territoires du vivant, un manifeste biorégionaliste (éd. FB). Il a aussi co-traduit avec Alice Weil et préfacé la première version française de L’art d’habiter la Terre. La vision biorégionale de Kirkpatrick Sale (Wildproject, 2020).

(M.S.) – Marin Schaffner est ethnologue de formation et voyageur au long cours (Asie du sud-est, Afrique de l’Ouest et quatre coins de France). Il mène de nombreux projets de recherche, d’animation et d’écriture sur l’écologie, la pédagogie, les migrations et le handicap. Chez Wildproject, il est notamment l’auteur d’Un sol commun (2019) et le traducteur de L’écologie sociale de Murray Bookchin (2020).  

(P.S.) – Paolo Stuppia, docteur en science politique, est chercheur associé au CESSP (CNRS-Université Paris I-EHESS). Ses travaux portent essentiellement sur la sociologie des mobilisations collectives, de la jeunesse et des marges politiques (dont le « retour à la nature/à la terre » en Europe et aux États-Unis). Il est notamment l’auteur de 2006: Une victoire Étudiante? Le mouvement anti-CPE et ses tracts (Syllepse, 2020) et co-auteur de L’Extrême gauche en France: de l’entre-deux-guerres à nos jours (PUBP, 2019). Il a également publié divers articles consacrés aux hippies, aux néo-ruraux et à l’écologie radicale.

(C.G.) – Chloé Gautrais est Architecte habilitée à la maîtrise d’oeuvre en son nom propre (HMONP). Elle est l’auteur d’un travail de recherche sur la cartographie biorégionaliste, intitulé Les limites du chez-soi. Cartographier la biorégion-écotone du Sancy, soutenu à l’Ecole d’architecture de la ville & des territoires en 2019. Quand elle ne voyage pas, elle vit et travaille à Paris.

N’hésitez pas à faire part de vos retours, critiques, suggestions d’ajouts ou propositions de compte-rendu à l’adresse : bioregions.bibliotheque@gmail.com.